Le créateur de boissons naturelles qui pétille d’idées

La Manufacture Bordeaux, startup créée en février 2015, commercialise des sodas et des infusions glacées BIO. Des boissons pétillantes fabriquées à partir de produits naturels et si possible locaux.

la-manufacture-infusions

La Manufacture Bordeaux fabrique depuis cet été 4 infusions glacées BIO. C’est unique en France. La dernière, safran kiwi, a été lancée début septembre. © François Delmas Saint Hilaire

Pourquoi les sodas ne pourraient-ils pas être naturels et si possible fabriqués à partir de produits locaux ? C’est à partir de ce constat que Marion Gaudicheau et François Delmas Saint Hilaire, deux jeunes ingénieurs en agronomie, se sont lancés dans une nouvelle aventure. Ils ont fondé en février 2015 la Manufacture Bordeaux et lancé quelques mois plus tard leurs premiers sodas naturels. Un an après, cet été, ce sont les infusions glacées BIO qui ont fait leur apparition. Une première en France !

Des boissons naturelles

« Notre savoir-faire repose sur ces fines bulles que l’on retrouve dans toutes nos boissons. Des bulles comparables à celles du champagne » explique Marion Gaudicheau en charge de la R&D dans l’entreprise. Autre particularité : les ingrédients sont naturels. « Ici, pas de colorant, pas de conservateur, pas d’additif. Par ailleurs, nous travaillons avec des matières premières françaises qui proviennent de zones certifiées AOP/AOC et on intègre le producteur au processus. Sa vision est importante. Il a des idées d’assemblage » reconnait François Delmas. Ainsi, pour les infusions glacées, Benoît Dima basé à Aubiac en Gironde fournit des plantes aromatiques. De toute façon, pas de secret. Chaque bouteille est marquée d’un flashcode qui renseigne sur le lieu de production des plantes et des fruits utilisés ainsi que le nom du producteur. La transparence est un autre maître-mot de la Manufacture Bordeaux.

Déguster ces boissons comme on déguste le vin

Derrière la Manufacture Bordeaux, pas de process ultra industriel. Au contraire, le process de fabrication est inspiré de celui des grands vins de Bordeaux, et allié à d’autres méthodes qui ne boudent pas la technologie. Quant au vocabulaire utilisé pour décrire ces boissons, il se rapproche lui aussi du champ lexical dédié au vin. « On parle de millésime, de première bouche, de fin de bouche. C’est important, la dégustation ne doit pas être réservée au monde du vin, aux spiritueux » insiste Marion Gaudicheau. Les boissons de la Manufacture Bordeaux, on les déguste donc également. Le produit fini est une boisson haut de gamme qui peut accompagner un plat de viande, du fromage ou un dessert.

Infusions glacées et gastronomie

« On essaie de travailler nos saveurs en relation avec les professionnels » expliquent les deux fondateurs de la Manufacture Bordeaux. Ainsi, Vivien Durand, chef étoilé du restaurant Le Prince Noir à Lormont, a proposé fin août un plat gastronomique éphémère adapté à l’infusion glacée safran kiwi. Au menu, c’était donc artichauts braisés accompagnés de coques et d’oxalis pourpres sur une crème d’ail. « On aimerait qu’un jour, dans les restaurants, les accords met-boisson ne soient pas réservés aux vins. » L’idée est lancée…

Vendre à Bordeaux et au-delà

La Manufacture Bordeaux, basée Berges de la Garonne à Bordeaux, commercialise ses boissons dans des cafés, épiceries fines et restaurants haut de gamme de Bordeaux : Le Quatrième Mur, Garopapilles, Le Pavillon des Boulevards, Le café de l’Utopia, M&O Glacier, ou encore La Recharge. Pour le moment, la startup souhaite conforter son assise à Bordeaux et en Gironde, pour ensuite vendre au niveau national, puis à l’international. Mais chaque chose en son temps. « On a plein d’idées. Le plus complexe est de réaliser les idées que l’on a à notre échelle » reconnait Marion  Gaudicheau. La société compte aujourd’hui 4 salariés.

http://www.lamanufacturebordeaux.fr

Publicités

L’émergence du concept de supermarché coopératif et participatif

Pour manger mieux en consommant autrement, une solution : les Amis de Supercoop proposent à des consommateurs motivés de participer à la création et au fonctionnement d’un supermarché dans la région bordelaise. Ouverture attendue courant 2017.

LesAmisdeSupercoop

Le concept est né il y a 40 ans à Brooklyn et arrive seulement en France. Le  supermarché coopératif et participatif de la métropole bordelaise devrait voir le jour courant 2017. Son nom : Supercoop. Le projet a été lancé en janvier 2015. L’association les Amis de Supercoop a été créée en mars de la même année. A l’origine, une femme : Anne Monloubou s’est inspirée du Park Slope Food Coop lancé en 1973 à New York, un supermarché qui connait un véritable succès puisqu’il revendique aujourd’hui 16 000 membres.

A Bordeaux, pour le moment, 600 personnes adhèrent au projet de Supercoop qui a pour objectif de réduire les marges et donc de proposer, en un même lieu, des produits de qualité, moins chers. Pour y parvenir, une coopérative de consommateurs à but non lucratif  va être créée. Les adhérents participeront au fonctionnement du supermarché à raison de trois heures par mois. « Il n’y a pas besoin de compétence ou de talent » précise Sabine Curci membre active de l’association. Véritable alternative à la distribution conventionnelle, Supercoop, autogéré par les clients, favorisera les circuits courts en travaillant avec des producteurs locaux. Il n’y aura pas que du bio « mais du raisonné, de l’éthique et du local, oui ! »

Pour que le projet fonctionne, l’association table sur 1200 adhérents. Des réunions d’informations sont régulièrement organisées pour présenter le concept. « Certaines personnes montrent d’ailleurs une certaine impatience mais cela se met en place petit à petit. C’est un gros projet » reconnait Sabine Curci. 15 groupes de travail ont été créés. Reste maintenant à trouver un local entre 500 et 1000 m2. En attendant, le projet a déjà été récompensé. Il a reçu le Prix coup de cœur de l’Economie sociale et solidaire de Bordeaux Métropole en novembre 2015 et celui de l’Innovation sociale décerné par le Conseil régional d’Aquitaine.

En France, d’autres projets de ce type émergent. Pourquoi ? « On s’inscrit dans une tendance sociale générale. Il y a une volonté de changement, de solidarité avec ce désir de tous collaborer. C’est une manière de dire que l’on peut faire quelque chose à notre niveau », répond Sabine Curci. Des supermarchés coopératifs et participatifs devraient voir le jour à Biarritz, Lille et bientôt à Paris. Dans la capitale, La Louve, devrait ouvrir ses portes en septembre prochain.

www.supercoop.fr