La station-service pour véhicule électrique s’invente à Bordeaux

Trois bordelais ont créé la société Enersoft qui développe les premières stations-service pour véhicules électriques en France, Greenspot. Il s’agit de stations où sont regroupées des bornes de recharge rapide mais aussi plusieurs services assurés par du personnel. La première a ouvert en décembre à Bordeaux. Objectif : atteindre les 10 stations à la fin de l’année.

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La première station Greenspot a ouvert en décembre 2016 à Bordeaux avec deux places permanentes pour la charge rapide. (©Alain Caboche)

Pour favoriser le développement de véhicules électriques, encore faut-il en faciliter la recharge en énergie aux utilisateurs. C’est à partir de ce constat que trois bordelais Olivier Pelisse, Michel Calamel et Jean-François Belhomme ont fondé la société Enersoft SAS et donc la marque Greenspot qui propose un nouveau concept de station de charge rapide multi-services. La première station a ouvert en décembre dernier à Bordeaux.

2 emplois par station

Sa première fonction est bien sûr de proposer une charge rapide (50kw) pour tout véhicule électrique ou hybride rechargeable. Il faut compter 20 minutes pour 80 % de charge d’une batterie de 22 kw. Le paiement s’effectue en liquide ou par carte bleue directement auprès du personnel de la station. Deux personnes sont présentes sur chaque station.

Une station multi-services et eco-responsable

Plusieurs services sont ensuite proposés aux utilisateurs de cette station : le lavage écologique sans eau des véhicules avec pour résultat 200 litres d’eau économisés pour un lavage. Il est également possible de louer une voiture ou un vélo électrique, de se documenter en passant par un espace information et de découvrir des véhicules dans l’espace point de vente éphémère réservé aux constructeurs de véhicules électriques. Enfin, l’idée est aussi de permettre aux clients d’aller faire leurs courses dans le supermarché voisin pendant le temps de charge.

Objectif 10 stations fin 2017

Enersoft souhaite faire de cette innovation un véritable levier de développement de l’éco-mobilité. La société envisage un déploiement rapide de son réseau avec un premier objectif de 10 stations d’ici à fin 2017 et d’une centaine de sites sur l’ensemble du territoire national à l’horizon 2018-2019. Actuellement, il n’existe pas de concurrence à ce concept.

 

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Une huile cosmétique brevetée en Nouvelle Aquitaine

Océopin débutera en octobre la récolte des pommes de pin maritime en Gironde et dans les Landes, en vue d’extraire l’huile de ses graines. Une huile 100% naturelle qui est ensuite vendue. Océopin est l’unique producteur de cette innovation cosmétique.

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Rien ne la prédestinait à travailler dans la cosmétique. Pourtant, aujourd’hui, après un parcours littéraire, Marina Berger, amoureuse des langues et du russe en particulier, se retrouve directrice commerciale et développement d’Océopin, seule entreprise à produire de l’huile de graines de pin maritime. Elle est basée à Vendays en Gironde.

Une histoire de famille et une rencontre

Cette reconversion n’est toutefois pas le fruit du hasard. Marina Berger baigne depuis toute petite dans les pommes de pin. « Océopin, c’est une histoire de famille depuis la génération de ma grand-mère. Mon père a fondé sa propre entreprise D’A NOSTE qui récolte des pommes de pin pour réensemencer la forêt. Il fournit tout le massif forestier aquitain depuis 35 ans. » C’est justement lui qui, en 1996, rencontre le Professeur Robert Wolff, chercheur à l’Institut des Corps Gras de Bordeaux. « Vous avez une merveille entre les mains ! »  lui annonce alors le Professeur qui étudie depuis plusieurs années l’activité biologique des huiles de conifères. L’idée fait son chemin. Un brevet est déposé en 1998, mais ce n’est qu’en 2012 qu’est créée la marque Océopin. Jean-Jacques Berger parle de ce projet à sa fille qui accepte de l’accompagner dans l’aventure et donc de se former à l’Institut des corps gras de Bordeaux.

Une huile bio et naturelle

Depuis, les recherches n’ont pas cessé, menées notamment aux côtés des équipes de l’Institut Pasteur de Lille et de l’ITERG de Bordeaux. Des tests ont été effectués. Bilan : « cette huile a des qualités anti-rides. Elle est apaisante et a des effets sur les tâches brunes dues au soleil ou à la vieillesse » précise Marina Berger. Mais elle met surtout en avant un process peu mécanisé et un produit 100 % naturel. « La récolte des pommes de pin se fait à la main. Les pignes sont ensuite placées dans un four où elles s’ouvrent et libèrent les graines qui sont ensuite broyées et pressées à froid. On obtient un produit pur, 100 % bio, sans adjuvant ni conservateur. » Un produit en accord avec les valeurs que souhaite véhiculer la société Océopin, et à travers elle, Marina Berger : « des valeurs de naturalité, d’authenticité, avec une touche de modernité pour ce qui est de l’esthétique, du packaging. C’est aussi une société familiale et ça nous tient à coeur. On fait perdurer un savoir faire. » 

150 000 graines pour 1L d’huile

L’année dernière, Océopin a produit une tonne d’huile de graines de pin maritime, mais il faut savoir qu’il faut 150 000 graines pour produire un litre d’huile. « C’est un produit de niche, précieux » reconnait Marina Berger. La première commercialisation a eu lieu début 2014. En octobre de cette année, nouvelle récolte dans les forêts de l’ONF. Une trentaine de personnes se mettront au travail. Les produits d’Océopin sont distribués en Nouvelle Aquitaine, dans le Sud-Est de la France et à Paris.

Le Bocal Local, une association à visée globale

Le Bocal Local lutte contre les gaspillages potagers et permet aux personnes éloignées de l’emploi de retrouver une activité professionnelle et un lien social. Les activités se développent et le concept séduit.

Stéphanie Artigues

© Philippe Besnard/Mondadori

Des fruits qui ne sont pas ramassés et qui finissent par pourrir au sol. Cette expérience, Stéphanie Dartigue, l’a vécue en 2010. C’est de là qu’est née l’idée du Bocal Local, association créée en mai 2014 à Pompignac, sur la rive droite, à quelques kilomètres de Bordeaux.

Les premières activités sont officiellement lancées en novembre 2015. Le Bocal Local intervient chez les particuliers pour l’entretien des potagers et arbres fruitiers mais aussi auprès de collectivités ou d’établissements privés pour la mise en place de zones de potaginage pédagogiques. Parallèlement, l’association récupère le surplus de production et les fruits et légumes frais invendus. « En tout, nous avons obtenu 2 tonnes de produits ». Stéphanie Dartigue précise avoir refusé 5 fois ce poids « car nous n’avons pas encore l’infrastructure nécessaire ». Autre chiffre clé, 700 tonnes de fruits et légumes sont jetés annuellement dans un périmètre de 20 kilomètres autour de Pompignac. De quoi garantir l’avenir de Bocal Local qui, après avoir récupéré les fruits et légumes frais, les redistribuent  à des associations alimentaires locales s’ils sont en bon état, et les transforment s’ils sont abîmés. Une conserverie anti-gaspi devrait d’ailleurs voir le jour prochainement. « C’est notre gros projet qu’on espère voir aboutir début 2017 » explique Stéphanie Dartigue. « Le terrain a été trouvé. Un bâtiment bioclimatique doit encore être construit.» 

Un bâtiment conforme à la démarche de développement durable de l’association. Le personnel est formé aux méthodes de permaculture et d’agro-écologie. « Mais sans tomber dans l’excès » insiste Stéphanie Dartigue. « Nous prônons surtout les bonnes pratiques potagères qui étaient légion il y a plus de 30 ans, c’est à dire le respect de la terre. Ce qui veut dire zéro produits phytosanitaires, pas de pesticides. »

Mais l’association ne s’arrête pas là. « Notre objectif est d’insérer des personnes socialement très éloignées de l’emploi et notre moyen est de lutter contre les gaspillages potagers » insiste Stéphanie Dartigue. Le Bocal Local compte aujourd’hui 2 salariés et 5 bénévoles. L’objectif est de recourir à 5 permanents et une quinzaine de salariés en insertion.

Le Bocal Local est encore jeune mais séduit. Le projet a été récompensé avant même son lancement. En décembre 2013, Stéphanie Dartigue reçoit le Trophée Agenda 21 2013 du Conseil Général de la Gironde, catégorie Citoyens. En 2014, le Bocal Local fait partie des 18 projets retenus par le Conseil Régional Aquitaine dans le cadre de son Appel à Manifestation d’Intérêt Innovation Sociale. Alors innovant ? Bien sûr pour Stéphanie Dartigue. « Nous sommes unique dans notre vision globale. On arrive sur un même modèle à lier des parties prenantes diverses et variées qui rarement se rencontrent. On travaille avec des particuliers, des pouvoirs publics, des professionnels. On répond à des problématiques pour chacun de ces publics. » Stéphanie Dartigue espère que le concept du Bocal Local sera dupliqué sur d’autres territoires. Mais elle insiste : les structures doivent rester petites, bienveillantes en terme d’accompagnement. L’idée est de recréer de l’emploi territorial.