Mobalib, premier réseau social dédié aux personnes en situation de handicap

La startup bordelaise Mobalib lance un réseau social et collaboratif, une plateforme communautaire d’entraide pour connaître les services et les lieux qui leur sont adaptés et accessibles. La première version du site Internet est officiellement disponible depuis hier.

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De gauche à droite : Marina Désiré, Jonathan Dupire et Jessica Amrane-Delafosse (crédit H.L) 

C’est un petit nouveau dans le monde des startups bordelaises. Mobalib, hébergée depuis le début de l’année au sein de l’incubateur-pépinière Newton de Bègles, développe le premier réseau social et collaboratif dédié au handicap. Alors que 12 millions de personnes en situation de handicap en France sont confrontées à l’isolement lié à la difficulté d’accès à l’information et à son manque de fiabilité, les 3 associés fondateurs ont décidé de créer un outil qui permettra de trouver un service ou un lieu adapté à leurs besoins, de le recommander et d’échanger en direct via le réseau social. La première version du site Internet est désormais disponible.

Le business model de Mobalib se base sur deux types de cibles.

« Nous nous adressons tout d’abord aux professionnels du handicap (vendeurs de matériel, professionnels accompagnants…), aux gestionnaires de lieux ayant réalisé leurs travaux de mise en accessibilité et aux prestataires de services dont l’offre est accessible ou semi-accessible (restaurateur livrant à domicile, avocat consultant par webcam…). Un abonnement mensuel de 32 € HT est proposé pour leur permettre de gagner en visibilité auprès des personnes handicapées, faire connaître leur offre et la valoriser. Il est à noter que 3 € seront reversés en produit partage à une association œuvrant pour l’inclusion des personnes handicapées. Deuxième cible : les collectivités à qui nous proposons un service de remontée de terrain pour valoriser leur territoire en terme d’accessibilité, mais aussi pour les accompagner dans la priorisation de leurs travaux d’aménagement et améliorer leurs services auprès des administrés. Ce service (100 € HT par mois) sera disponible courant octobre », détaille Marina Désiré, cofondatrice de la société en charge de la stratégie, de la communication et des relations client.

En 2019, Mobalib prévoit également d’adapter les sites Internet d’entreprises aux personnes handicapées, l’idée étant de lancer une interface par type de handicap.

Pas de levée de fonds mais des concours

La startup Mobalib ne prévoit pas de levée de fonds d’ici à 2019. « Les concours auxquels nous participons font bouillir la marmite. Nous en avons remporté 8 qui nous ont permis de récolter 60.000 euros, dont une bourse de 12.000 euros dans le cadre du concours Etincelle porté par Bordeaux Technowest. Nous avons par ailleurs gagné 6 mois d’accompagnement, d’où notre présence au sein de la pépinière Newton à Bègles. »

Les 3 associés travaillent sur ce projet depuis un an seulement. Il y a plusieurs années, Jonathan Dupire, qui se déplace en fauteuil roulant, avait lui-même lancé une association pour l’édition de guides touristiques pour les personnes handicapées. « Plusieurs guides sont sortis mais en 2008, la banque qui nous suivait nous a annoncé qu’elle ne nous subventionnerait plus » explique-t-il. Un autre projet a donc vu le jour, celui de Mobalib, dans un tout autre univers, celui du numérique, avec Marina Désiré et Jessica Amrane-Delafosse.

« Combien de fois nous nous sommes retrouvés dans des situations ubuesques, par exemple au pied d’un escalier pour accéder à un restaurant bien que l’on nous ait spécifié par téléphone que le lieu était accessible. Le but de notre démarche est vraiment d’être un facilitateur de vie avec un fil rouge : la fiabilité de l’information » explique Marina Désiré.

Publié sur La Tribune Bordeaux le 26/04/2017 et mis à jour le 14/06/2017

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Koam, une plateforme ludique pour sensibiliser à l’équilibre alimentaire

La plateforme Koam, développée par la société Nutrikéo de Pessac et lancée fin 2016, a remporté hier le prix expérience client dans le cadre de l’appel à projets de Fodali, le Forum des innovations en distribution alimentaire. Coup de projecteur sur ce nouvel outil qui mise sur le digital et le jeu pour sensibiliser le grand public aux bienfaits de l’équilibre alimentaire.

KOAM

Qui a dit qu’il ne fallait pas jouer avec la nourriture ? Certainement pas Koam, la nouvelle plateforme digitale et ludique d’éducation alimentaire pour toute la famille développée par la société Nutrikéo à Pessac. Elle faisait partie des 12 lauréats de l’appel à projets national de Fodali, le Forum des innovations en distribution alimentaire, dont la phase finale a eu lieu le 8 juin prochain à Périgueux. Koam est le lauréat de la catégorie expérience client quelques mois seulement après sa mise en ligne.

Un pôle Recherche et Développement

La plateforme Koam a été lancée fin 2016 mais il a fallu deux ans de travail avant de la lancer. « Parce que la nutrition est au cœur des préoccupations de Nutrikéo, l’agence de conseil en stratégies nutrition que j’ai créée il y a 8 ans, mon équipe et moi pensions avoir un rôle à jouer pour impacter positivement l’équilibre alimentaire du consommateur, en utilisant le levier du digital et de la gamification. Un pôle Recherche et Développement dédié au déploiement de solutions numériques innovantes a donc été créé en 2015. Sa mission : faire changer durablement les comportements alimentaires avec une démarche citoyenne de santé publique », explique Grégory Dubourg, fondateur de la plateforme.

L’enjeu est de taille, précise-t-il : « 96 % des Français ne consomment pas les 5 fruits et légumes recommandés quotidiennement. Ils sont 87 % à ne pas savoir reconnaître une betterave et 25 % des enfants ignorent que les frites sont faites avec de la pomme de terre », relève notamment Grégory Dubourg.

Un comité d’experts à la manœuvre

Un comité d’experts, composé de spécialistes de la nutrition, du digital, d’un pédiatre mais aussi d’un anthropologue, a alors planché sur le projet dans une démarche pluridisciplinaire. Après deux ans de travaux, la plateforme Koam est née. Elle s’adresse à toute la famille, contrairement à Nutrikéo qui cible les professionnels.

« C’est un moyen simple et amusant d’apprendre à « Koamanger » à tout âge. Le digital est un levier énorme pour éduquer à la nutrition. Cela passe, sur notre plateforme, par le jeu et le jeu vidéo », insiste Grégory Dubourg.

Chaque membre de la famille peut ainsi trouver sur cette plateforme des outils correspondant à son âge. 4 mini-jeux sont proposés aux enfants de 6 à 10 ans pour les initier à l’équilibre alimentaire. Un « serious game », à la croisée du jeu vidéo et de la pédagogie, a été imaginé pour les adolescents curieux de comprendre les mystères de leur alimentation. Les adultes ont eux accès à une application mobile, « véritable coach de l’équilibre nutritionnel au quotidien. L’idée est de gagner des points en jouant et de les convertir en récompenses offertes par des partenaires », explique Grégory Dubourg. La création d’un compte, uniquement réalisable par un adulte, est gratuite.

Objectif 100.000 comptes la première année

Une levée de fonds d’un million d’euros entre l’automne 2015 et le printemps 2016 a permis le développement du contenu de la plateforme, des contenants (partie technique) et la mise en place d’outils de communication pour faire connaître Koam.

« On est encore en phase de lancement mais l’accueil qui nous est réservé est favorable. Quelques milliers de comptes ont pour le moment été créés. Nous avons un objectif de 100.000 la première année », explique Grégory Dubourg.

Sur les 30 personnes qui travaillent chez Nutrikéo, 4 consacrent entièrement leur temps à la plateforme.

Mais la démarche ne s’arrête pas là. Pour mesurer les changements de comportements dans le temps, Koam est suivie par un doctorant en Sciences de l’information et de la communication via un programme de recherche de 3 ans en partenariat avec les Universités de Bordeaux et Paris 8. Une première en Europe.

www.koam.fr

Publié sur La Tribune Bordeaux le 16/03/2017, mis à jour le 09/06/2017

 

 

La Maison Rose pour se faire cocooner et rebondir après le cancer

Un cocon mais aussi un tremplin pour les femmes touchées par un cancer. La Maison Rose accueille des ladies Rose depuis le mois de février à Bordeaux. Elle les accompagne pendant et après la maladie mais ici rien de médical. Alors que l’opération Octobre Rose est l’occasion de sensibiliser au cancer du sein, reportage dans cette nouvelle structure, unique en France.

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120 m2 en plein coeur de Bordeaux. L’espace se veut cosy, chaleureux. C’est réussi. A l’intérieur, beaucoup de sourires et d’attentions. On se met à l’aise, on s’installe dans des canapés. L’atelier peut commencer.

Soigner le mental 

La Maison Rose est un lieu unique en France et en Europe. Créée par les fondatrices de Rose Magazine, elle accueille des femmes touchées par le cancer depuis le mois de février à Bordeaux. Ce n’est ni un centre de soins, ni le domicile, mais un lieu tiers pour sortir de l’isolement et où la parole se libère. Parfois avec humour. Parfois, ce sont les pleurs qui prennent le dessus. « On vient ici pour soigner le mental » lâche naturellement Céline, la trentaine, touchée en avril 2015 par un cancer du sein. « Je vois ce lieu comme une étape. Dans quelques mois je laisserai ma place. » En attendant, elle profite des ateliers qui y sont proposés gratuitement : yoga, pilate, danse, beauté et bien-être, musicothérapie ou encore sessions gourmandes en cuisine.

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Rester femme pendant la maladie

Une vingtaine de professionnels interviennent à la Maison Rose. Parmi eux, Laetitia, socio-esthéticienne, est impliquée dans le projet depuis le début. Elle organise notamment des ateliers de maquillage. « L’idée est de se servir de l’esthétique pour travailler sur la dignité de la personne. La socio-esthétique est inscrite en tant que soin support dans le plan cancer depuis 2003 » précise-t-elle. Pendant que Laetitia maquille Fleurette, Marline, elle, propose un atelier manucure. Lydie, 69 ans, se laisse faire. Quelques minutes plus tard, elle regarde ses ongles. « C’est magnifique » s’exclame-t-elle. Fleurette, de son côté, se dit apaisée tandis que Céline reconnait que « c’est très important de se sentir bien dans sa peau. » A la fin de la séance, toutes sont rayonnantes. Comme un clin d’oeil aux propos tenus par la directrice de la Maison Rose. « L’objectif est de rester femme pendant la maladie » explique Jenna Boitard.

Agir sur son parcours

Autre objectif clairement affiché : que les femmes apprennent à être actrices de leur parcours. « On leur apporte une boîte à outils. Nous sommes un relais. » Un relais notamment pour retrouver le monde du travail. La Maison Rose propose des séances de coaching de « retour à l’emploi ». Une thématique non négligeable alors qu’une personne sur trois perd ou quitte son emploi dans les deux ans après un diagnostic de cancer (*).

Un bilan positif

Après 8 mois d’existence, le bilan est positif au regard de la fréquentation selon la directrice. « 600 passages par mois entre les ladies Rose, les proches et les professionnels. La Maison Rose, qui fonctionne essentiellement avec des dons privés, a trouvé une place complémentaire aux structures qui existent sur Bordeaux. C’est important. » Une deuxième Maison Rose devrait voir le jour à Paris en 2018.

(*) Enquête VICAN2, 2012 (La vie deux ans après le diagnostic de cancer), publiée dans le rapport 2013 de l’Observatoire sociétal des cancers.

http://www.maisonsrose.fr